vendredi 28 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use... (11)

 


Tout change… Comme le ciel.

Voici qu’arrive Maître Kong. Kong Fuzi que ces diable de Jésuites ont traduit en Confucius dans leur latin de cuisine. Kong Fuzi va parcourir pendant quinze années de son existence une Chine en proie au chaos, aux conflits et aux désordres divers - C’est fou comme ces situations perdurent sur cette planète…
Son rôle et même davantage sa vocation est d’indiquer la direction pour que l’ordre règne à nouveau sur ce chemin. Lorsque l’on parle d’ordre, il ne s’agit pas d’instituer un système répressif où toute velléité de liberté est vivement mise en sourdine - ça, on sait encore faire depuis des décennies… Non, non, l’ordre de Kong Fuzi réside dans la pratique d’une éthique de vie.
L’ordre règne dans l’équilibre et l’équilibre est mobile. L’humanité exige donc un ajustement interminable entre stable et instable. Tout change constamment comme les étoiles du ciel. La marche du monde n’exige pas de nouveau but à atteindre, il suffit de se mettre en route par l’action, sans paroles inutiles. D’ailleurs ne dit-il pas : “Si l'homme a deux oreilles et une bouche, c'est pour écouter deux fois plus qu'il ne parle.”
L’existence est donc une errance sans but prédéfinie, Confucius la nomme “ren” ce qui peut se traduire le plus fidèlement possible en “humanité”
Marcher rendrait donc plus humain, en gardant cette juste distance qui serait la manière la plus adéquate de régler les relations humaines. La sagesse et la paix ne font alors plus qu’un. Il convient de reconnaître que le chemin a une fin, comme le dit un certain philosophe boulanger de ma connaissance : “me voilà parvenu au dernier chemin”, aussi autant qu’il soit beau.
Si Kong Fuzi l’avait croisé pour lui quémander une miche , il aurait pu lui dire ces quelques mots, écrits lors d’une halte entre deux provinces :
“À ta naissance tout le monde rit et tu es le seul à pleurer. Conduis ta vie de façon à ce qu'à ta mort tout le monde pleure et que tu sois le seul à sourire.”
La prochaine étape nous conduira à Himmel le patient face à son collège Shammaï son parfait contraire, mais ça, c’est encore une autre histoire…😉


mercredi 26 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use... (10)


Vieux maître et vieil Enfant.

On doute de son existence mais son ouvrage le Tao Te King lui, existe réellement… Peu importe que ce texte soit l'œuvre d’un ou de plusieurs auteurs. Lao Zi continue d’influencer la pensée humaine.
Il se déplace mais on ne le voit pas marcher, il circule à dos d’âne ou de bœuf. C’est un sage en mouvement. L’histoire dit que ce vieux fonctionnaire lettré décide de tout quitter et de prendre la route, pour un road movie sans fin. Arrivé dans l’est de l’empire à la passe de Xiangu, il rencontre un jeune homme, Yin Xi, silence… Le vieil homme ne parle jamais, il préfère boire un coup, ce n’est pas une mauvaise philosophie. Ernest Hemingway écrivait qu’un homme intelligent est parfois obligé d’être saoul pour passer du temps avec les imbéciles. On imagine même pas ce que donnerait une réalisation de Wim Wenders sur cette errance solitaire…
Il dira finalement très peu de choses, il laissera simplement son livre dans ce col de montagne, et ce texte inspirera tous les convaincus des bienfaits du non-agir.
Lao Zi, le vieux maître dont le nom signifie également vieil enfant… Les enfants ne sont-ils pas les plus grands sages?
le “Vieil Enfant” vit comme le souffle du vent, sans intention, sans but et sans plan, imprévisible. Même sans lire le Tao Te King, il suffit de considérer la roue du Tao pour comprendre que notre vie est à vivre et non à réussir, une vie réussie ne veut strictement rien dire…
Le vieux Maître a disparu dans les méandres de l’histoire et de la légende (ces deux pôles de la connaissance) mais comme il le dit lui-même, brisons-là ce récit car celui qui parle ne sait pas et celui qui sait ne parle pas…
La prochaine fois, nous cheminerons avec Confucius un autre “Vieil Enfant” mais ça c’est encore une autre histoire…

😉



 

mardi 25 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use... (9)


Emprunter la Voie sans donner de la Voix.




C’est lorsqu’il se mit à marcher et à parcourir ses provinces que le prince Siddhartha Gautama se mit à comprendre les affres de la misère humaine : vieillesse, maladie et mort. Tous ces tourbillons de la rivière où nous nous perdons, accrochés à nos espoirs, nos illusions et nos détresses. Il voulut alors comprendre… Pourquoi y restons-nous, pourquoi  nous complaisons- nous à porter cet  illusoire fardeau?

Il traversa le royaume, fréquentant d’austères maîtres aux pratiques rigoureuses, mais ces expériences ne lui donnèrent aucune réponse, lui qui avait ainsi  connu la richesse de son palais et l’extrême dénuement des ermites de la montagne ne comprenait toujours pas…

C’est au bout d’une longue marche qu ‘il décida de s’arrêter et de s’asseoir au pied d’un figuier. Et là, il vit, il s’éveilla et devint le bouddha c’est-à-dire “l’Éveillé”. Mais parler de compréhension risquerait de prêter à confusion. l’Éveil n’est pas un exercice intellectuel, une analyse rationnelle. C’est simplement l’intuition directe de la totalité, englobant jusqu’au détail le plus intime, mais dépourvue  de démonstration et de processus logique.

C’est accéder à l’équilibre et rien d’autre. Ni jouisseur ni mortifié, ni indifférent ni hystérique, ni laxiste ni rigoriste. 

Pour nous, pauvres Moldus, il ne s’agit pas de prendre la voie 9 ¾ pour le Poudlard Express! Il n’y a là nulle magie…

Non, il s’agit d’emprunter la simple  Voie du Milieu, celle  qui libère un espace. Au lieu de rester prisonnier de nos contradictions, en empruntant la Voie du Milieu nous les disqualifions et les déclarant comme inutiles. Ni être ni néant, ni affirmation ni négation, ni âme ni non-âme, ni vie éternelle ni mort à jamais… Il se pourrait alors que tous les dilemmes opposant des points de vue antagonistes se révèlent être seulement des mirages… L’ego ayant disparu.

Emprunter la Voie du Milieu c’est pénétrer dans un espace libre qui va en s’élargissant finissant par tout libérer. 

Marcher en restant assis… C’est tout comme.  Nul besoin d’excellentes chaussures, il suffit simplement que le mental soit  libre!

Plus loin, nous rencontrerons Lao Zi, mais ça c’est encore une autre histoire…😊

#Philosophie #Philosophe #Bouddhisme #Marche #Randonnée #Rando



lundi 24 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use... (8)

Apollonius de Tyane ou le premier des Babas-Cool.



Sans être Gérard Manset, Appo a voyagé en solitaire. En quelques décennies, il s’est baladé pieds nus à Babylone (tu déconnes… Oh pardon!), en Inde, retour à Rome puis départ pour l’Égypte, l’Éthiopie, avant de (peut-être casser sa pipe au Cachemire…)
Précurseur en son domaine, il est certainement le premier à s’affranchir de la philosophie Grecque et Latine. Et oui Hegel, Husserl et Heidegger! Vous vous êtes plantés en beauté en affirmant que le berceau de la pensée était “the place to be” où on pouvait deviser en toge, pas vrai! “Nur bei den Grieschen”, “Chez les Grecs seulement.” Allez donc vous y faire voir…
Appo lui, a compris, que le monde est complexe et varié, il a pu échanger avec les mages de Chaldée, les brahmanes de l’Inde, les saddhus du bord de l’Indus et du Gange. C’est pour cette raison que nos vieilles barbes de l’université, les désagrégés de philosophie omettent souvent de le citer… Il n’existe pas une philosophie mais des centaines, et c’est ça qui est super…
Apollonius, barbe au vent et pieds sur le sable de la piste nous a ouvert les portes de la perception là où pensée logique et pensée magique ne possèdent pas de cloisons. Ces étranges cohabitations qui nous bousculent se retrouveront dans les écrits de Plotin, de Porphyre et de Proclus. Mais il a toujours été de bon ton de présenter la philosophie comme l’étude de la rigueur du raisonnement. Appo a peut-être fait concurrence à un autre barbu de Galilée pour qui ça s’est mal terminé, mais on ne pourra jamais vraiment le savoir…
La prochaine fois, nous irons nous balader vers l’Orient, en compagnie d’autres marcheurs. Ceux-là marchent sans bouger, se taisent en parlant, ne pensent pas selon les règles qui nous semblent habituelles. Ce sont des philosophes paradoxaux mais incontestablement des philosophes. Mais ça, c’est encore une autre histoire!
 

#Randonnée #Rando #Philosophie #Philosophe #Marche #Apollonius

vendredi 21 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use... (7)

 



Sénèque ou “Dans la rue j’me la pète grave!”


Dans ses bafouilles écrites à Lucilius, Sénèque aurait déclaré : “Dis-moi comment tu marches, et je te dirai qui tu es.”, l’anecdote est fausse - comme quoi  il faut toujours se méfier des scribes en mal de copie - mais elle n’est pas tout à fait fantaisiste. Les Romains considèrent la démarche comme une partie intégrante de la personnalité de quelqu’un au même titre que le timbre de la voix, la façon de se fendre la poire, et les gestes du quotidien.

  Il est de bon ton de déambuler  entre la colline du Capitole et le Colisée et aux alentours  de la Via dei Fori Imperiali en se la racontant. C’est un peu la Dolce Vita avant l’heure mais sans Fellini et sans  la chansonnette de Christophe. La cothurne usagée n’est pas encore la paire de Santoni pleine fleur mais impressionne tout de même les matrones en quête d’aventures…

Pour Sénèque donc, l’attitude du marcheur et sa façon même de marcher détermine sa philosophie. Dans ce sens, il n’a pas tout à fait tort,  jadis mon papa a rencontré des guguss qui marchaient au pas de l’oie et ce n’est ni leur humanisme ni leur sens de l’humour qui transparaissait de prime abord.

Mais au-delà du déplacement physique, Sénèque nous parle d’abord de marcher selon le temps, de saisir le temps lui-même,  d’avoir la certitude que la vie est une marche du temps. Le philosophe ne déambule pas seulement dans l’espace , il traverse les siècles et par la pensée se déplace d’âge en âge. Il peut discuter avec Socrate, aller boire un coup avec Carnéade, casser une petite graine sur un coin de zinc avec Épicure… 

Lent ou rapide, camarade!  Nous prenons des chemins différents mais nous nous rendons toutes et tous  au même endroit.

La prochaine fois, on taillera un bout de route avec Apollonius de Tyane qui lui, se foutait pas mal de ses grolles!


#randonnée #marche #philosophie #philosophe





jeudi 20 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use...(6)



Diogène ou le Johnny Rotten de l’Antiquité!


Avant de vivre dans son tonneau,  une demeure minimaliste - à condition  cependant de ne pas laisser  le doigt dans le trou du fût et de ne pas se coincer  la main entre les deux caisses… - Diogène de Sinope a parcouru la plaine avec son seul bâton. La version officielle beaucoup moins poétique raconte qu’il s’est tiré avec son daron le banquier pour avoir falsifié de la monnaie, le bracelet électronique n’existant pas encore et n’ayant pas d’ambition politique pour la présidence du Sénat, il valait mieux se faire oublier…

Le bâton de Diogène avait deux utilités : un soutien solide  dans son périple et un argument choisi pour maintenir à l’écart les emmerdeurs antiques (une constante dans l’échelle chronologique). 

Le père Diogène se foutait des convenances, de la politesse et de l’opinion des autres… faisant du cynisme une institution. Le père Diogène aurait pu avoir comme slogan : No Future! 

Il avait finalement tout compris Dodo le Chien. Combien de fois éprouvons-nous l’envie de répondre à un quelconque député ou à un ministre fantoche -  donneur de conseils creux et d’oiseuses recommandations -  cette réplique faite à un  Alexandre le Grand trop aimable : “Ôte-toi de mon soleil!”

La prochaine fois nous aurons affaire avec Sénèque le romain, un esthète de la marche.


 

mardi 18 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use... (5)

 


Pyrrhon le sceptique ou “quand t’es dans la m… de tu te dém….des!
Drôle d’endroit pour faire une balade: des marécages et pas un bistrot… C’est dans ce cloaque que Pyrrhon et son maître Anaxarque d’Abdère (à vos souhaits!) décident de s’aventurer…
Le maître s’emmêle les pinceaux, glisse et s’embourbe la toge - c’est la servante Vanish qui ne va pas être contente! - Pyrrhon regarde l’envasé et continue son chemin comme si de rien n’était…
Revenu au gîte, on s’attend à ce que Pyrrhon se fasse pourrir et bien non! Anaxarque complètement crotté le félicite pour sa cohérence et son absence d’attachement. Ni désarroi, ni contentement dans le déroulé de l’existence, voilà l’avènement du scepticisme, “Skeptikos : celui qui doute”.
Pyrrhon déclare que la vérité, quelle qu’elle soit, demeure hors de notre portée. Nous ne pouvons y accéder. De ce fait, l'ensemble des jugements que nous porterons sur le monde sont tous équivalents, parce que tous vains.
Plus tard, le père Montaigne fera graver sur les poutres de sa “librairie” “Ou mallon” terme grec qui signifie : “pas plus l’un que l’autre”.
Pyrrhon se révèle déjà plus proche des préceptes bouddhistes sur l’équanimité que le monde grec où il évolue. Mais vous vous en fichez parce que l’équanimité ça ne se mange pas, bande de goinfres!
Bon, il est vrai que dans la vie moderne, ce n’est pas toujours facile à appliquer. Dernièrement au Portel, un mec dans l’eau me faisait de grands appels de la main, je lui ai fait un petit coucou amical, et ce malpoli n’a rien fait de mieux que de disparaître sous la surface… Comme quoi… Encore un qui n’a pas bien lu ses classiques…
Allez la prochaine fois, nous parlerons de Diogène, un autre drôle de type, il paraît d’ailleurs que là où il y a Diogène, il n’y a pas de plaisir!
😉

lundi 17 août 2026

Un kilomètre à pieds, ça use… (4)

Un kilomètre à pieds, ça use… (4)

Le retour de l'instructeur Ari…

Il est probable que Aristote découvre les vertus de la marche à pied lorsque Platon le lâche et décide de ne pas lui confier la direction du groupe. On ignore encore ce qui l’a conduit à faire splitter la formation. Querelle d’ego? Cachets non versés? 
Ari décide donc d’emprunter le promenoir situé au Lycée - pas le bahut où vous avez usé vos fonds de culotte - mais un Gymnase de la vieille Athènes. Tout en faisant des pieds de nez à Platon, il déclare à ses potes : “Viendez-dans ma bande! On en a d’la bonne!”.
Les voilà donc en train de déambuler tout en devisant du cours de l’olive et des derniers potins de l’Olympe. Platon lui décerne donc le titre de : “peripatetikos” : “celui qui se promène, fait une balade”. Ainsi débute le retour de l’instructeur Ari, le péripatéticien. À noter d’ailleurs que le terme péripatéticienne viendra beaucoup plus tard même s’il désigne le plus vieux métier du monde. Une référence à l’usure des semelles des dames de jadis qui tricotaient des gambettes, car comme disait ma grande tante : “dans ce métier, le plus fatigant, c’est encore l’escalier!” donc, respect…
Mais trêve de billevesées et autres fariboles de même acabit, l’instructeur Ari laisse derrière lui une œuvre immense et toujours d’actualité. Nous pourrions d’ailleurs sans peine et ce, avant d’aller les envoyer se faire voir chez les grecs, encourager nos chers dirigeant à méditer sur cette sentence délivré par ce glorieux promeneur : “L'ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit”
La prochaine fois nous évoquerons Pyrrhon qui n’était ni gros ni skieur - ne pas confondre - mais ça, c’est encore une autre histoire…
😉
#randonnée #philosophie #philosophes #marcher

Un kilomètre à pied, ça use… (3)

Un kilomètre à pied, ça use… (3)

Socrate, Paul, John, Georges, Ringo et les autres.

 Et voilà le père Socrate qui sort de sa caverne, pas celle de Liverpool non, non… Celle qui nous a fait plancher des plombes sur nos copies de bachelier. L’image des prisonniers décrite par Soso n’est pas très rock, ligotés, entravés dans l’obscurité, ils peinent à retrouver la lumière de la surface… Le cou immobile, ils regardent tous dans la même direction. 
 En termes actuels, ces prisonniers sont les spectateurs d’un film, mais ils ignorent que c’est un artifice, ne connaissant rien du monde extérieur.
 Aujourd’hui, nous pourrions les décrire comme les avaleurs crédules des serpents à sornettes, fakes et autres fariboles défilant ad nauseam sur Internet. Antivax et complotistes réunis dans un même délire… Socrate tente de les délivrer de leurs œillères afin que ces malheureux retrouvent la liberté d’arpenter les sentiers. Sans entraves, la liberté de penser… Socrate le dit : “Chaque fois que l’un d’eux sera détaché et contraint de se lever subitement, de retourner la tête, de marcher et de regarder vers la lumière…”
 Alors? Il n’est pas moderne notre père Socrate? Il mérite d’accéder au Panthéon (le mien est décousu…) hors de sa caverne et comme les quatre fabuleux de pouvoir chanter : “All you need is love!”
 
😉
#randonnée #philosophie #philosophes #marcher

Un kilomètre à pied, ça use… (2)

Un kilomètre à pied, ça use… (2)

Idées en gros et en promotion…
 
 Après Empédocle et ses pieds de plomb (de bronze…) voilà l’ami Protagoras, professeur d’éloquence. Bien avant Tik Tok et même Tic et Tac, Protagoras est l’ancêtre des influenceurs. Le voilà donc à Athènes chez le riche Callias où il dispense - moyennant espèces sonnantes et trébuchantes - leçons de sophisme et morale à quatre drachmes le kilo…
Il parcourt ainsi l’immense demeure avec, à ses basques, ses followers, totalement hypnotisés par ce petit malin de Prota… La cohorte déambule derrière son leader tel les jolis rongeurs du joueur de flûte de Hamelin. Dans cet exercice déambulatoire que de “bonnes machines”, les “mauvaises machines” ne doivent pas s’amuser à tourner à l’envers… Alan Parker n’est pas encore là pour immortaliser la scène… 
Voilà donc le Rando Club des Sophistes primaires qui se distingue par la volonté de ne suivre aucune topographie logique. Les Sophistes, bien entendu, ont des thèses, des positions, des arguments, mais qui sont aussi réversibles que leur marche. Une tentative de danse saugrenue en mode Alice au pays des Merveilles. En bas, en haut, à gauche, à droite. Faisant commerce de paroles, d’apparences purement séductrices, sans vérité, le Sophiste marche mais sans avancer. Un GR 34 qui prendrait toute une vie et à reculons… Immobile en marchant, il ne fait aucun progrès, dans aucune direction.
Mais le petit commerce de Protagoras a du souci à se faire parce que se pointe sur le seuil de la maison du riche Callias le David Guetta de la philosophie antique en la personne de Socrate, mais ça c’est pour une prochaine histoire…
😉
#randonnée #philosophie #philosophes #marcher #sophisme

Un kilomètre à pied, ça use… (1)

Un kilomètre à pied, ça use… (1)

Empédocle et sa godasse en métal.

 C’est en Sicile que sévit le bonhomme. Dans la ville d’Agrigente où il se mêle de politique et de diplomatie comme tout fils à papa qui se respecte. Un peu magicien, un peu philosophe, il déambule dans la cité stoppant, par son seul bagout, les épidémies - un précurseur de Didier Raoult certainement… - arrêtant le vent et autres amabilités. 
 Mais v'là-t'y pas qu’il se met à inventer la randonnée tout en devisant sur les deux grands principes contraires qui mènent le monde : l’amour et la haine, le rassemblement et la dispersion… Droite-gauche, droite-gauche et voilà! Le peuple se met en marche… (vieux slogan qui a fait faillite depuis…)
 Sa disparition est une énigme, avait-il un arriéré d'impôts oublié? Avait-il acheté de nouveaux papiers d’identité pour refaire sa vie avec une Pythie, tout le monde le sait, la Pythie vient en mangeant… Bref, les réseaux sociaux de l’époque racontent qu’il se serait jeté dans l’Etna en éruption et que ce dernier, pas rancunier, aurait rejeté l’une de ses sandales en bronze (était-elle consignée? Nul ne le sait…).
 La pompe en question était donc en bronze… Moi, je veux bien, mais une godasse en métal question souplesse, ça ne vaut pas une paire de moyenne tige, Gore Tex et semelle vibram.
 Encore un cold case non résolu, les GR n’étaient pas très sûrs à l’époque…
 La prochaine fois je vous parlerai de Protagoras, un autre influenceur qui venait marcher sur les plates-bandes de Platon.
😉

#randonnée #philosophie #philosophe #marcher

Un kilomètre à pieds, ça use... (16)

  Tant qu’il y aura de l’encre et du papier… En voilà un qui marche, mais sans toutefois sortir plus qu’il n’en faut… Certes, jeune, il a a...