Guillaume d'Ockham ou droit au but.
Loin des randonnées d’agrément, frère Guillaume de l’ordre des Franciscains a usé ses sandales sur de nombreux sentiers en ce XIVe siècle où le Moyen Âge n’est pas encore mort et où la Renaissance n’est pas encore née…
D’Angleterre à Avignon où il restera assigné à résidence dans un couvent sur ordre du pape, il s’enfuit à Munich se placer sous la protection de l’empereur Louis IV de Bavière.
C’est qu’il ne fait pas que marcher Guigui, il argumente et il écrit, ce qui ne plaît pas au Souverain Pontife qui ne voit pas d’un très bon oeil ses critiques sur sa façon d’appliquer à lui-même le voeu de pauvreté qu’il professe aux autres. Cette pratique serait totalement impensable de nos jours. En effet. Jamais, par exemple, nous ne verrions une candidate aux élections présidentielles accusée de malversations financières prônant à ses gueux fidèles, justice sociale et logement en des palais d’or. C’est là, pure fiction…
On connaît un peu Guillaume d’Ockham par la formulation de son principe dit “du Rasoir d’Ockham” qui peut se résumer en une phrase : “L'explication la plus simple est généralement la bonne.” Nous pourrions dire aujourd’hui de manière imparfaite qu’il est le père de la rationalité, une pratique de la logique à laquelle on a adjoint le principe de parcimonie.
Si peu de gens connaissent en détail l’existence de Guigui, qui fut emporté par la grande Peste de 1347, tout le monde connaît le personnage de Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la Rose, d’ailleurs Umberto Eco ne s’est jamais caché s’être inspiré de ce moine qui allait droit au but…
Dans le film tiré du roman Guillaume de Baskerville interprété par Sean Connery explique sa façon d’enquêter à son jeune novice Adso de Melk lors des Vêpres : « Cher Adso, il ne faut pas multiplier les explications et les causes sans qu'on en ait une stricte nécessité. »
Une parfaite illustration du rasoir d’Ockham…
Un jour prochain, nous irons randonner avec le père Montaigne, mais, bien entendu, c’est une autre histoire!

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