Kant ou l’observation sans casse…
Château de Königsberg vers la vieille ville puis le pont Krämer vers les pâturages et retour… Voilà la marche journalière de Kant, périple de la culture vers la nature. Le philosophe, ancré dans ses multiples habitudes et règles, parcourait ainsi les strates de la ville et de la vie. Saluant la société, toutes les sociétés… Des bourgeois de la ville haute aux artisans et commerçants du marché couvert en passant par les quais où les multiples petits métiers du peuple s'interpellent d’une échoppe à l’autre.
Après ses deux pipes matinales, il lisait la ville des bords de la Baltique comme on feuillette un livre. La légende raconte que les habitants réglaient leurs montres sur la ponctualité du philosophe et que le bedeau du beffroi avait réglé l’horloge du monument sur la marche de l’homme…
Sauf un seul jour…
Ce jour où, pressé d’acheter la gazette, il dérogea à ses habitudes. On venait d’annoncer qu’en France, la révolution avait éclaté… Que le peuple se dotait d’une constitution républicaine.
Que l’on ne doute pas de la clairvoyance d’Emmanuel Kant qui sait que les humains ne sont pas des anges, lui qui écrivait : “l’humain est fait d’un bois si noueux qu’il est impossible d’y tailler des poutres bien droites!”
Alors à l’instar du philosophe de Königsberg, parcourons la ville - sans en briser les vitrines et sans se livrer au pillage tels de rustres vandales - en se souvenant de ce passage où il est écrit que les lois doivent permettre de gouverner “même un peuple de démons”. Par cet écrit, Kant démontre que la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont les principes se fondent sur la raison et non la force, offre la possibilité d’un progrès moral collectif et irréversible, l’apanage du genre humain…
Un jour prochain, nous cheminerons en compagnie de Georges Frédéric Hegel mais c’est encore un autre périple et une autre histoire…

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